L’oreille moyenne
Figure 5 : tympan normal
L’oreille
moyenne se compose de plusieurs structures principales : le tympan, la
caisse du tympan, les osselets et les deux fenêtres. La mastoïde et la
trompe d’Eustache sont considérées comme des annexes de l’oreille
moyenne. Le
tympan ou membrane tympanique ferme
l’oreille externe en dedans. Il est fixé à l’os sur la plus grande
partie de sa circonférence par une zone plus épaisse, l’annulus
(figure 5). Le tympan apparaît comme une fine membrane d’environ 1 cm
2
de surface, légèrement creusée en entonnoir autour du manche du
marteau. Il est habituellement de couleur gris perle et partiellement
transparent. Son orientation est variable par rapport à l’axe du conduit
auditif externe. Sur le plan structurel, le tympan se compose de trois
couches : de la peau sur la face regardant l’extérieur, du tissu
conjonctif au milieu et de la muqueuse sur la face située dans l’oreille
moyenne. Le tympan se divise en deux parties principales : la pars
tensa, qui occupe plus du 90% de la surface et la pars flaccida occupant
les 10% restant, appelée aussi membrane de Shrapnell. Elle constitue la
partie supérieure du tympan et est de structure histologique plus fine
que la pars tensa (absence de tissu conjonctif). Pour mieux localiser
des lésions sur le tympan
[i],
la pars tensa est arbitrairement divisée en quatre cadrans d’importance
variable. Il est essentiel de noter que le tympan d’un nouveau-né a la
taille adulte car son développement est terminé.
Figure 6 : schéma des osselets
La cavité de l’oreille moyenne ou
caisse du tympan
est une cavité remplie d’air qui a la forme d’un cube irrégulier et
déformé, dont le tympan constitue une face. Chez le nouveau-né elle a
atteint sa taille adulte et définitive. Elle renferme, en son centre,
trois osselets : le marteau, l’enclume et l’étrier
(figure 6).
Elle se divise en trois parties principales : en haut l’attique (appelé
aussi épitympan), au milieu l’atrium (appelé aussi mésotympan), dont une
des parois est constituée par le promontoire et en bas l’hypotympan. Trois nerfs traversent la caisse du tympan :
Figure 7 : osselets en place (ablation du tympan)
la
corde du tympan, une branche du nerf facial qui sert au goût et qui
passe entre le manche du marteau et la longue apophyse de l’enclume ;
- la deuxième portion du nerf facial, plus en profondeur et située normalement dans un canal osseux(figure 7) ;
- le
nerf tympanique de Jacobson, souvent invisible, parcourt le promontoire
en surface, avec de nombreuses variations individuelles.
Les
parois de la caisse du tympan possèdent différents orifices ou passages
qui communiquent avec les structures avoisinantes : la trompe
d’Eustache avec le rhinopharynx, l’aditus ad antrum avec la mastoïde et
les deux fenêtres avec l’oreille interne.
Figure 8 : chaîne des osselets entière
Les osselets, au nombre de trois, comportent différentes parties anatomiques. Ils sont maintenus ensemble par des articulations et des ligaments
(figure 8). Le premier osselet est le
marteau, car
il a la forme d’un marteau. Il est le plus long et mesure entre 7 et 9
mm. Il est le seul osselet nettement visible en regardant dans l’oreille
car il est inclus dans le tympan par sa longue apophyse, appelée plus
communément le manche du marteau. Il comporte également une petite
apophyse, elle aussi visible en regardant le tympan et une tête cachée,
car enfouie dans l’attique. La tête du marteau s’articule au niveau du
corps du deuxième osselet, l’
enclume, appelée ainsi en
raison de sa forme. L’enclume est un peu plus courte et plus lourde que
le marteau. Elle possède aussi une longue apophyse en contact avec le
troisième osselet, l’
étrier, appelé ainsi en fonction
de sa forme. L’étrier se compose d’une tête en contact avec l’extrémité
de la longue apophyse de l’enclume (appelée apophyse lenticulaire), de
deux branches et d’une base de forme sphérico-ovale, nommée platine.
Figure 9 : étrier en place
L’ensemble
comprenant la tête et les branches de l’étrier est appelé
superstructure de l’étrier. Cette platine se trouve dans une logette, la
fenêtre ovale, un des passages entre l’oreille moyenne et l’oreille
interne. Elle est maintenue en place par un ligament dit annulaire car
il fait le tour de la platine. L’étrier mesure environ 4 mm de hauteur
(figure 9). La mobilité des osselets est contrôlée par le
muscle tenseur du tympan s’insérant entre la tête et la longue apophyse du marteau et par le
muscle de l’étrier
s’insérant au niveau de la tête de l’étrier. Le muscle du marteau
attire le manche du marteau vers l’intérieur et augmente ainsi la
tension du tympan tout en poussant l’étrier dans sa logette. Le muscle
de l’étrier attire l’étrier en arrière et en dehors, diminuant ainsi sa
mobilité.
Les deux fenêtres permettent à la caisse du tympan de communiquer avec l’oreille interne. La première, la
fenêtre ovale
ou fenêtre vestibulaire, dans laquelle se loge la platine de l’étrier,
fait le lien entre la chaîne ossiculaire et la rampe vestibulaire de la
cochlée. La deuxième, la
fenêtre ronde ou fenêtre cochléaire, fait le lien entre la rampe tympanique de l’oreille interne et la caisse du tympan.
Figure 10 : cellules mastoïdiennes en surface
La
mastoïde
fait partie des cavités annexes de l’oreille moyenne. Elle se trouve
dans l’os temporal, dont elle occupe deux parties différentes : en haut,
l’écaille de l’os temporal et en bas le rocher. Située à l’arrière du
conduit auditif externe, elle est creusée par de nombreuses cellules
aérées
(figure 10)
plus ou moins en communication avec l’antre mastoïdien (appelé le plus
souvent antrum), la partie la plus proche de la caisse du tympan.
L’antre mastoïdien communique avec la caisse du tympan par l’aditus ad
antrum. En profondeur de la mastoïde
se situent le sinus veineux latéral (plus précisément le segment dit
sigmoïde), les canaux semi-circulaires, la crête digastrique (zone
d’insertion du muscle digastrique), le troisième segment du nerf facial
et la base du crâne (avec la fosse cérébrale moyenne au-dessus de
l’antre mastoïdien et la fosse cérébelleuse au niveau du sinus latéral).
Figure 11 : entrée trompe d’Eustache
La
trompe d’Eustache,
ou trompe auditive, est un mince conduit de 35 à 40 mm de long.
Constituée de cartilage, de muscles et d’os, elle relie l’oreille
moyenne (par le récessus tympanique du protympanum) au rhinopharynx (par l’ostium pharyngien)
(figure 11).
L’isthme tubaire constitue la portion la plus étroite de la trompe
auditive à l’union de la partie osseuse (protympanum) et des structures
cartilagineuses donnant la forme d’un sablier. Deux muscles principaux,
le tenseur du voile du palais et l’élévateur du voile du palais,
forment une boutonnière fonctionnelle servant à ouvrir et à fermer la
trompe auditive. Elle permet avant tout d’équilibrer la pression d’air
dans l’oreille moyenne, appellée souvent fonction tubaire. Elle sert
aussi à l’évacuation des sécrétions produites dans l’oreille moyenne et à
protéger l’oreille des infections remontant de l’arrière-nez. La
fonction d’équilibre de pression est assurée par un mécanisme
particulièrement complexe faisant intervenir, en plus de la trompe
d’Eustache, toutes les cavités de l’oreille. La muqueuse de la caisse du
tympan diffuse constamment des gaz en les produisant mais aussi en les
absorbant. Le système cellulaire de la mastoïde joue un rôle tampon et
participe aussi aux échanges gazeux complexes dans l’oreille.
references: https://www.oreillemudry.ch/categorie/anatomie-et-physiologie-de-loreille/
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